Préparer son voyage au Japon pour pas cher

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Le Japon est un pays pour lequel mon envie d’y voyager remonte à l’adolescence. Les mangas, les samouraï, les jardins, les onsens, les maisons typiques en bois. Tous ces éléments de la culture Japonaises m’ont fait rêver, et c’est pour cette raison que j’y suis allé avec une petite appréhension, celle d’être déçu par ce pays qui m’a fait tant rêver. Allons à la découverte du Japon !

Ce qui m’a marqué durant mon séjour au Japon

  • le civisme et la politesse des Japonais, parfois à l’excès
  • les jardins japonais durant momiji
  • la nourriture pas si chère et très variée
  • ma visite dans un Maid Café 
  • 4h d’attente pour entrer dans un restaurant de sushi au marché de poissons de Tsukiji, Tokyo
  • un tremblement de terre à Matsumoto
  • les refus systématiques d’entrer dans un onsen à cause de mon tatouage

La politesse des Japonais

Cela peut sembler bizarre, quand on découvre un nouveau pays, de débuter par le civisme de la population locale. Et pourtant c’est une des choses qui m’a le plus marqué lors de mon voyage au Japon. Un respect et une politesse sans limite, qui peut parfois mettre mal à l’aise.

Voici deux exemples qui mettent en lumière à mon sens le bon et mauvais côté de la chose.

Lors de mon arrivée au Japon, vers 21h, je me suis retrouvé dans la rue, un papier à la main, recherchant à l’instinct et au sens de l’orientation (à savoir aucun) mon auberge de jeunesse. J’étais en train de faire ma première vidéo, lorsqu’un couple avec un enfant m’a croisé et dépassé dans le rue. Une fois ma magnifique vidéo terminé, j’essayais de m’orienter dans la rue à l’aide de ma carte Google Map imprimée sur un carré de 1à cm sur 10cm. Voyant cela, le couple a fait demi tour. Ne parlant pas anglais, ils m’ont demandé à voir le papier, et une fois le nom reconnu, ils m’ont amené devant l’auberge de jeunesse tout en essayant de communiquer avec moi en français. Là pour tout vous dire, c’était une sacrée entrée en matière au Japon ! J’avais des a-priori sur leur politesse et gentillesse, en 1h j’avais vu que ce n’était pas une légende urbaine.

Maintenant voyons le côté obscure de la force. Et cet aspect m’a le plus marqué dans les “convenience store”, sorte de petites supérettes. En fait il y a peu de grands supermarchés, et on va en retrouver tous les 200m en ville. Et donc en entrant dans ces “convenience store”, les caissiers vont systématiquement , et pour chaque client, leur adresser des formules de politesse très soutenues. Une fois à la caisse, en donnant les articles, en donnant la monnaie, en reprenant la monnaie, en posant une question, et en partant, nous avons le droit à cela.

“Et bien, c’est une bonne chose qu’ils soient polis, non ?”

Oui mais c’est assez gênant tellement nous sommes dans l’excès. Il y a cette impression de faire face à une personne où l’échange n’existe pas. J’en ai parlé avec d’autres voyageurs, et plusieurs ont eu le même sentiment. Cette sensation de faire face à un robot, où l’interaction humaine n’est pas possible. C’est sans doute un peu fort comme déclaration, mais c’est pourtant ce ressenti qui prédomine. Faire un sourire, une remarque, un coup d’oeil, tout cela ne change rien au comportement de la personne en face. Peut être que ce n’est pas partout pareil, mais en tout cas j’ai remarqué cela dans tous ces “convenience store”, autant à Tokyo que dans des villes beaucoup plus petites.

 

La magie de certains lieux

Les jardins japonais durant momiji (les feuilles changent de couleur) c’est vraiment quelque chose. Au delà de l’aspect visuel absolument magnifique, on ressent le côté zen dans l’architecture, le tracé des chemins, les formes dans le sable, le taillage des arbres. On ressent cette recherche de perfection et d’harmonie, c’est agréable et apaisant. Sur certains lieux tôt le matin (décalage horaire aidant), éloigné des zones touristiques au milieu des lanternes en pierre, on a cette impression d’être plongé dans un temps ancien, où au détour d’un chemin peut surgir à tout moment un ronin.

Moment de solitude: le Home Café

Après mon premier passage à Tokyo, je ne m’étais pas aventuré plus que ça dans les étrangetés du quartier de Akihabara (alias Electric Town). Mais une discussion avec une voyageuse à Kawaguchiko (près du Mont Fuji) m’a fait changé d’avis pour mon deuxième passage, et va compléter de fort belle manière ma découverte du Japon.

“Tu devrais essayer un Home Café à Hakihabara. C’est étrange mais drôle également.”

Bon, ok, pourquoi pas. Et donc de retour à Tokyo, sans passer par la guesthouse, je me dirige avec mon gros sac à dos dans l’un des Home Café les plus connus. J’entre dans une cage d’escalier, bien cachée, et direction le 7e étage. L’ascenseur s’ouvre, et là c’est jour de carnaval.

J’entre donc en mode paysan, une salle pas extrêmement grande contenant une cinquantaine de personnes, et on me fait lire une page en anglais indiquant qu’il est interdit de photographier et de toucher les filles. Ça tombe bien, ce n’était pas prévu. On m’installe à un comptoir face à une scène, et une fille arrive devant moi. Alors les filles, au Japon j’ai eu beaucoup de mal à leur donner un âge. Mais là si certaines atteignent 18 ans, c’est beau. Celle en face de moi me demande ce que je veux boire et de choisir une fille sur une page. Et oui également, elle me dit que je suis son maître, et fini ses phrases par “Master”. Le truc qui met bien à l’aise vous voyez.

Je regarde autour de moi. A ma gauche, un cinquantenaire aux dents pourris rigolant avec une jeune de 18 ans, à ma droite un jeune japonais fortement maquillé. Et moi au milieu avec un gros sac à dos dont la dernière douche remonte à plusieurs heures de marche. L’apothéose est lorsque des filles sur la scène m’appellent.

 

Autant vous dire que j’ai rapidement bu mon café au lait, et que je suis parti de cet endroit sans m’attarder. J’ai été franchement mal à l’aise tout au long de cette expérience. J’ai ensuite appris qu’il existait des lieux comme cela où les filles peuvent vous nourrir à la cuillère, ou bien boire du lait maternel. Bienvenue au Japon !

Le bémol de mon voyage au Japon

Sinon pour revenir au sujet initial, il s’agit de la déception de ne pas pouvoir entrer dans un onsen ou un bain public à cause de mon tatouage. Cela va certainement changer dans les années à venir car les jeunes se tatouent, mais actuellement c’est fortement associé au monde des Yakuza. Il y a quelques années les Yakuzas se retrouvaient dans ces lieux, et cela créa quelques problèmes. Maintenant la plupart des gérants sont très stricts là dessus et n’acceptent aucun tatouage, même chez les étrangers.

Bien sûr qu’il est possible de trouver des onsens acceptant les tatouages, mais ils ne sont pas nombreux en proportion. De ce que j’ai compris, en discutant avec des japonais et voyageurs, cette règle est moins stricte en se dirigeant vers le Nord sur Hokkaido (et peut être de manière générale dans les endroits plus reculés ?).